Accident du travail et maladie professionnelle : que disent les chiffres ?

Accident du travail en baisse, est-ce une bonne nouvelle ?

Chaque année, le même constat revient : les accidents du travail diminuent. Et chaque année, la même question se pose chez les dirigeants, les responsables RH et les équipes HSE : est-ce réellement une bonne nouvelle ?

Le rapport AT/MP 2024 de l’Assurance maladie apporte une réponse bien plus nuancée. Derrière la baisse apparente de l’accident du travail (AT) se cache une réalité plus complexe, marquée par l’augmentation de la maladie professionnelle (MP), la gravité croissante des atteintes à la santé et des conséquences durables pour les entreprises.

L’objectif de cet article est simple : t’aider à comprendre ce que disent vraiment les chiffres 2024, sans jargon statistique, et surtout à mesurer ce que cela change concrètement pour ton organisation, en matière de prévention, de formation et de responsabilité employeur.

Accident de travail

Un accident de travail est un événement soudain survenu par le fait ou à l’occasion du travail, entraînant une lésion physique et/ou psychologique pour le salarié. Cela peut se produire sur le lieu de travail, pendant une mission professionnelle, ou lors d’activités liées au travail même en dehors des locaux. Pour être reconnu comme tel, l’accident doit être le fait d’un événement accidentel (soudain et imprévu) survenu pendant que le salarié était sous l’autorité de l’employeur.

Maladie professionnelle

Une maladie professionnelle est une maladie contractée en lien avec l’activité professionnelle habituelle du salarié. Elle peut être reconnue comme telle lorsqu’elle figure dans un tableau officiel des maladies professionnelles ou, même si elle n’y figure pas, si elle est causée directement par le travail habituel et entraîne une incapacité ou un décès, selon la procédure de reconnaissance spécifique.

Accident du travail : une baisse qui mérite d’être nuancée

Les chiffres clés des accidents du travail en 2024

Sur le papier, la tendance est encourageante. Le nombre d’accidents du travail reconnus poursuit sa baisse progressive, amorcée depuis plusieurs années. Pour beaucoup d’entreprises, cette évolution est interprétée comme le signe que les actions de prévention portent leurs fruits.

Pourtant, un indicateur raconte une tout autre histoire : les journées d’arrêt de travail. En 2024, elles augmentent de 945  075 jours supplémentaires par rapport à 2023, soit une hausse de 5,8% en un an. Concrètement, cela signifie que lorsqu’un accident du travail survient, il est plus long, plus lourd, et plus impactant qu’auparavant.

Évolution des accidents du travail et des journées d’arrêt

Comparaison entre le nombre d’accidents du travail et les journées d’arrêt de travail en 2023 et 2024

Pourquoi cela ne signifie pas moins de risques

Ensuite, la sous-déclaration reste une réalité, notamment dans les TPE-PME. Par manque de temps, par méconnaissance ou par crainte administrative, certains accidents ne sont pas déclarés comme tels.

Enfin, les risques évoluent. Les accidents immédiats reculent, mais laissent place à des atteintes plus diffuses, plus lentes, mais souvent plus graves sur le long terme. C’est précisément là que les maladies professionnelles prennent le relais.

Si ton indicateur principal reste le nombre d’accidents déclarés, tu risques de passer à côté des vrais signaux faibles.

Les accidents du travail les plus courants

En 2024, les accidents du travail restent largement concentrés autour de quelques risques majeurs, avec des conséquences très différentes selon leur nature. La manutention manuelle domine très nettement : elle représente 50 % des accidents, mais surtout 47 % des incapacités permanentes (IP) et 48 % des journées d’incapacité temporaire (IT)

Autrement dit, un accident sur deux est lié à des gestes, des efforts ou au port de charges, et ce sont aussi ceux qui immobilisent le plus longtemps les salariés.

Accidents du travail par type de risque

Répartition des accidents du travail par type de risque professionnel

À l’inverse, certains risques peu fréquents se révèlent extrêmement graves. Le risque routier ne représente que 3 % des accidents, mais est responsable de 22 % des décès, illustrant un écart majeur entre fréquence et gravité.

Ces chiffres rappellent une réalité essentielle : les accidents dits « banals » sont ceux qui provoquent le plus d’arrêts prolongés, d’incapacités durables et de décès. Une prévention efficace doit donc s’appuyer non seulement sur le nombre d’accidents, mais surtout sur leur impact réel sur la santé des salariés.

Incapacités permanentes (IP) par type de risque

Répartition des incapacités permanentes liées aux maladies professionnelles et accidents du travail par type de risque

Les chutes de plain-pied et les chutes de hauteur, bien que moins fréquentes, restent particulièrement préoccupantes. Elles génèrent une part importante des arrêts de travail et des IP, et sont fortement impliquées dans les accidents mortels, les chutes de hauteur concentrant à elles seules 13 % des décès.

Décès liés au travail par type de risque

Répartition des décès liés aux accidents du travail par type de risque

Maladie professionnelle : une hausse structurelle inquiétante

Les MP repartent à la hausse en 2024

Contrairement aux accidents du travail, les maladies professionnelles affichent une dynamique clairement haussière en 2024. Le chiffre le plus marquant concerne les incapacités permanentes (IP). En un an, le nombre de nouvelles IP progresse de 11,2 %, soit près de 2 600 cas supplémentaires. Le nombre de victimes atteignant une IP augmente lui aussi de 8,9 %.

Derrière ces pourcentages se cachent des réalités humaines lourdes : des salariés qui ne retrouveront jamais leur capacité de travail initiale et des entreprises confrontées à des conséquences durables, tant financières qu’organisationnelles.

Sur la période 2020–2024, malgré les effets ponctuels de la crise sanitaire, la tendance est claire : les maladies professionnelles ne sont plus marginales, elles deviennent structurelles.

Évolution des MP et des IP

Évolution du nombre de maladies professionnelles et de nouvelles incapacités permanentes entre 2022 et 2024

TMS et affections psychiques en première ligne

Les troubles musculo-squelettiques (TMS : en savoir plus) restent de loin la première cause de maladies professionnelles. En 2024, près de 9 maladies professionnelles sur 10 sont liées à des TMS. Gestes répétitifs, manutentions manuelles, postures contraignantes, travail prolongé sur écran : ces situations font partie du quotidien de nombreux métiers.

À cela s’ajoutent des pathologies plus complexes à reconnaître, notamment les affections psychiques. Leur reconnaissance progresse lentement, souvent via les comités régionaux de reconnaissance des maladies) CRRMP, mais traduit une réalité bien connue des managers : charge mentale, pression temporelle, conflits organisationnels.

Former uniquement sur les risques visibles, c’est ignorer une grande partie des risques réels auxquels tes équipes sont exposées.

Ce que ces chiffres changent pour les employeurs d’aujourd’hui

Nombre de sinistres liés aux accidents du travail et maladies professionnelles et impact sur les cotisations AT/MP

Prévenir coûte toujours moins cher que réparer, surtout lorsque les séquelles sont permanentes.

Coûts directs et indirects des AT et MP

Lorsqu’on parle d’accidents du travail et de maladies professionnelles, la tentation est grande de se limiter aux cotisations AT/MP. Or, les chiffres 2024 rappellent que l’essentiel du coût est ailleurs.

En 2024, on recense plus de 16 millions de journées d’arrêt engendrés par des maladies professionnelles, et plus de 370 000 journées liées aux incapacités permanentes. Chaque arrêt prolongé entraîne une cascade de conséquences : remplacement, formation, baisse de productivité, surcharge pour les équipes restantes. Entre les 1 325 760 sinistres (arrêts de travail, maladies professionnelles et accidents de trajet), il y a eu un coût total de 10 197 241 549 €.                                                                       

Dans certains secteurs comme le BTP, les transports ou la logistique, quelques dossiers graves suffisent à déséquilibrer une organisation entière. En effet, 1% de certains sinistres représente 37.2% du coûts des risques total.

Formation et prévention : un levier encore sous-utilisé

Au-delà de l’aspect financier, les chiffres renforcent la responsabilité de l’employeur. La réglementation impose une démarche de prévention active, formalisée notamment via le DUERP. En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, l’absence de formation adaptée devient de plus en plus difficile à justifier. La formation n’est plus perçue uniquement comme une obligation légale, mais comme un outil de sécurisation juridique et de pilotage du risque.

La formation reste l’outil le plus efficace

Les chiffres 2024 montrent que les entreprises qui investissent dans la formation ciblée obtiennent des résultats mesurables. La formation agit en amont, sur la prévention primaire, là où les équipements seuls atteignent rapidement leurs limites.

En parallèle, les dispositifs financiers existent. En 2024, plus de 24,6 millions d’euros de subventions prévention ont été accordés, dont près de 18 millions d’euros pour le BTP. Pourtant, ces aides restent largement sous-exploitées par les petites et moyennes structures.

Comment agir concrètement en 2026

Agir efficacement ne signifie pas multiplier les formations sans cohérence. Il s’agit d’abord d’identifier les risques réels par métier, puis de déployer des actions ciblées : TMS, manutention, travail en hauteur, risques chimiques, organisation du travail.

C’est précisément là que des acteurs comme PILOCAP s’inscrivent, en proposant une approche pragmatique, orientée terrain et résultats, loin des formations génériques déconnectées du quotidien.

Un diagnostic bien mené aujourd’hui peut éviter un dossier lourd demain.

FAQ : Accident du travail et maladie professionnelle

Les accidents du travail sont-ils réellement en baisse ?

Oui en volume, mais leur gravité et leur durée augmentent.

Vieillissement des effectifs, expositions prolongées et meilleure reconnaissance.

BTP, transports, logistique, services à la personne.

Oui dès lors qu’un risque est identifié dans le DUERP.

Au-delà des chiffres, les vrais enjeux pour les entreprises

Les chiffres 2024 sont clairs : la baisse apparente des accidents du travail masque une montée des risques chroniques et durables. Les maladies professionnelles deviennent le véritable enjeu des prochaines années, tant pour la santé des salariés que pour la pérennité des entreprises.

Face à la transformation des risques professionnels, la formation constitue aujourd’hui un levier essentiel pour agir . Se former, c’est anticiper les risques émergents, renforcer la culture de prévention et préserver à la fois la santé des salariés et la performance de l’organisation.

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